Partager cette page :

La dynamique et la forme (ou morphologie) naturelle du lit et des berges d’un cours d’eau sont aussi déterminantes que la qualité de l’eau pour l’état des milieux aquatiques.

Tout cours d’eau a un comportement et une dynamique qui sont déterminés par son environnement. Il façonne son lit et le territoire sur des échelles géologiques (les grands fleuves) à microscopiques (la granulométrie du fond). La forme, ou morphologie, de son lit, de ses berges, du fond, la végétation rivulaire ou ses annexes hydrauliques, sont autant de composantes des habitats d’espèces animales et végétales qui lui sont inféodées.

En cherchant à maîtriser les débits, les phénomènes d’érosion, de crue, faciliter le transport par voie d’eau ou simplement pour occuper l’espace, l’Homme a profondément modifié la morphologie des cours d’eau créant ainsi des désordres qu’il s’agira de compenser pour restaurer des milieux aquatiques fonctionnels ; la bonne qualité de l’eau ne suffira pas.

La puissance délivrée par l’eau courante façonne les cours d’eau par des mécanismes de transport sédimentaire et de dissipation d’énergie. Un cours d’eau est donc un ensemble mobile qui sort de son lit mineur, voit son lit mineur se déplacer latéralement, emprunte des voies d’eau nouvelles, transporte des sédiments ou en dépose, alternativement.

Ce fonctionnement naturel est essentiel au maintien de niches écologiques pour les espèces végétales et animales ; la bonne qualité de l’eau n’est en effet pas suffisante pour assurer qu’un milieux aquatique soit fonctionnel.

Les espèces animales et végétales sont inféodées à certains phénomènes, certains habitats. Par exemple :

  • Le brochet profite des débordements des cours d’eau pour se reproduire.
  • Les macroinvertébrés (« les petites bêtes ») vivent dans des conditions particulières de granulométrie de fond qui constitue leur habitat.
  • Le saumon, la truite de mer, l’anguille, migrent et ont donc besoin de cours d’eau sans obstacle.
  • Les truites déposent leurs œufs dans des frayères avec une granulométrie spécifique.
  • De la présence d’arbre sur berge dépend un cortège d’espèces (voir aussi article Trame verte et bleue)
  • Le martin pêcheur niche dans la berge. Lorsqu’une espèce est menacée, c’est la chaîne alimentaire entière qui souffre. On a ainsi vu disparaître la loutre du Bassin Artois Picardie depuis les années 50.

Les inondations rappellent parfois tragiquement la puissance de cette liberté des cours d’eau.

JPEG - 377.1 ko
Une vache piétine la rivière à Saint Aubin

Les cours d’eau peuvent être altérés par des modifications de leur morphologie (lit, fond, berges). Dans le bassin Artois-Picardie, de multiples activités sont à l’origine de ces altérations : les canaux ou rivières canalisées créés pour le transport de l’eau et des marchandises, les obstacles à l’écoulement comme les moulins, les carrières d’extraction de granulats, les zones de piétinement de troupeaux de bétail sur les berges...

Pour en savoir plus