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Les pratiques d’aménagement ont de longue date conduit à une destruction des zones humides. Les pratiques ont évolué mais leur dégradation continue malgré des politiques publiques en leur faveur.

Alors même que les zones humides étaient historiquement considérées comme des ressources pour l’élevage, la pêche, le fauchage, la culture des roseaux, ou la tourbe avant le charbon, la volonté de dominer la nature a amené l’Homme à les modifier.

Ainsi les plantations d’aulnes et de peupliers, le drainage et le dessèchement agricole pour rendre les « marais » cultivables, l’extension des industries et infrastructures de transport mais aussi la création de plans d’eau ou la consommation de foncier autour des villes ont soit directement utilisé la surface soit abaissé le niveau de la nappe et éliminé le caractère humide de certaines zones.

D’autres nécessités sont ensuite apparues tel que la lutte contre les inondations (on pensait alors qu’il fallait évacuer l’eau au plus vite, là ou on cherche désormais à gérer les volumes le plus en amont possible notamment en utilisant le rôle tampon essentiel des zones humides), la volonté d’assainir ces zones « insalubres » derrière le spectre des maladies hydriques et des concepts hygiénistes ; puis la mécanisation de l’agriculture et la pression pour l’augmentation des rendements ont encore renforcé les politiques de drainage et d’assèchement des zones humides.

consulter également les publications du groupe d’histoire des zones humides

Les zones humides des régions fortement anthropisées portent ainsi les séquelles de ces travaux pour la plupart réalisés légalement voire au titre de l’intérêt général de l’époque. Les écosystèmes qu’elles portaient sont désormais à l’état relictuel, alors même que notre bassin par sa géographie est naturellement favorable à la formation de zone humides.

Le Rapport d’évaluation sur les politiques publiques en matière de zones humides par le Préfet Paul Bernard en 1994 constatait que 50 % environ des zones humides françaises avaient encore disparu en 30 ans, en dépit de leur valeur inestimable au regard des services qu’elles rendaient, et en grande partie à cause des politiques publiques. Bien que le rythme de leur dégradation ait ralenti depuis les années 1990, le rapport publié en 2010 par le ministère en charge de l’environnement « Les zones humides : un enjeu national, quinze ans de politiques publiques » renouvelle un constat en demi teinte quant à la préservation des zones humides.

L’observatoire national des zones humides fournit des éléments statistiques pour appréhender les évolutions récentes sur un échantillon de 152 zones humides d’importance majeure.

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