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Comme toute activité humaine, les pratiques agricoles peuvent entraîner des pollutions de la ressource en eau : des solutions existent pour limiter ces risques de contamination des eaux souterraines et des cours d’eau.

Entre 15 000 et 20 000 exploitations agricoles, dont plus de 10 000 élevages, utilisent environ 1 400 000 ha de Surface Agricole Utile, soit 70% de la superficie du bassin Artois-Picardie. Par rapport au reste du territoire national, l’agriculture de ce bassin se caractérise par davantage de terres arables et moins de prairies. L’agriculture biologique est peu représentée dans le bassin avec moins de 1% de la surface agricole.

Pommes de terre
L’agriculture du bassin peut être à l’origine de trois types de pressions sur les ressources en eau et les milieux aquatiques :

  • la pollution par les nitrates et le phosphore du fait des apports d’engrais ou d’effluents organiques non utilisés par les plantes ;
  • la pollution par les pesticides du fait d’une utilisation excessive de ces produits ou de leur dégradation incomplète ;
  • la pollution par la présence de matières en suspension dans les cours d’eau suite à des phénomènes d’érosion et de ruissellement.
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Champ à proximité du Canal de Seclin

Des solutions techniques existent pour limiter les risques, notamment :

  • augmenter la couverture des sols en hiver, la part des prairies dans les assolements et les surfaces enherbées le long des cours d’eau ;
  • sécuriser les sites de stockage (effluents d’élevage, pesticides) ainsi que les sites de remplissage et de lavage des pulvérisateurs (pesticides) ;
  • sécuriser les filières d’utilisation des effluents organiques en agriculture ;
  • équilibrer la fertilisation des cultures en utilisant des outils qui permettent de mieux connaître les besoins des plantes et les disponibilités du sol ;
  • faire évoluer les systèmes de production vers des systèmes agricoles moins consommateurs d’intrants et plus respectueux de la ressource en eau, comme l’agriculture biologique.

Des dispositifs réglementaires ou contractuels permettent de favoriser la mise en œuvre de ces solutions techniques. On peut notamment citer le Plan de Développement Rural Hexagonal et le Programme Eau et Agriculture 2010-2014

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Livret sur l’eau du bassin Artois-Picardie - L’eau et l’agriculture
Le secteur agricole dans l’économie du bassin

La restructuration et la concentration du secteur agricole, observée à l’échelle nationale, est perceptible à l’échelle du bassin Artois-Picardie.

En 2010, le bassin Artois-Picardie compte près de 19 000 exploitations, soit 4% des exploitations françaises. Le Nord-Pas-de-Calais accueille 70% des exploitations du bassin. Le nombre d’exploitations sur le territoire a diminué de 54% depuis 1988. Cette réduction s’est ralentie depuis 2000 mais présente toutefois un rythme soutenu de 587 cessations d’activité par an.

En termes d’effectifs agricoles, le bassin emploie en 2010 près de 41 000 personnes. Les activités agricoles comprennent des pics saisonniers avec une main d’œuvre accrue. En unité de travail annuel (UTA) : le bassin compte près de 30 000 UTA en 2010 dont les deux tiers sont implantés dans la région Nord-Pas-de-Calais. Cette baisse des effectifs est du même ordre de grandeur que la baisse du nombre d’exploitation. Pourtant, la SAU du bassin n’a été réduite que de 2% sur la même période, cela traduit un phénomène de concentration des activités [1].

Près des deux tiers des salariés agricoles sont les chefs d’exploitation. Les conjoints participent à l’exploitation agricole à hauteur de 14% des emplois en 2010 contre 17% en 2000. Ainsi, la concentration économique des exploitations s’accompagne d’une simplification des systèmes d’exploitation (régression des systèmes mixtes et de l’élevage, externalisation du travail) et d’une augmentation nette des formes sociétaires.

Les productions végétales et animales de 2009 sur le bassin totalisent un chiffre d’affaire de plus de 3,1 milliards d’euros. Le bassin Artois-Picardie pèse respectivement pour 6% et 4% dans les productions nationales végétales et animales.

Les résultats nets avant impôts par actif non salarié sont supérieurs au ratio national. Ces ratios observés sur l’ensemble des deux régions sont plus élevés en Picardie qu’en NPdC. En revanche, en ramenant les résultats d’exploitation à l’hectare de SAU, la valeur est plus élevée dans le Nord car les exploitations y sont plus petites.

Méthodologie de Révision des Zones Vulnérables 2012

La révision de la délimitation des zones vulnérables 2012 s’appuie sur la 5ème campagne de surveillance de la teneur en nitrates des eaux au titre de la directive nitrates.

La circulaire du 19 avril 2010 précise que les données de la 5ème campagne doivent être complétée par la prise en compte des résultats en nitrates des années comprises entre les campagnes 2004-2005 et 2010-2011. Les données de la DREAL, de l’agence de l’eau et de l’OIEau présentent la méthodologie à suivre et les résultats par campagne, de septembre (année N) à octobre (année N+1). Les cartes présentées contiennent en fond de carte les données du SDAGE pour les masses d’eau en risque de non atteinte du bon état des eaux pour les critères azote et nitrates.

1-Méthode utilisée pour la révision des zones vulnérables :

a) Données utilisées  : Les données utilisées sont celles de la campagne octobre 2004 à septembre 2005 et de la dernière campagne octobre 2010 à septembre 2011. Les données suivies sont les concentration en nitrates dans les eaux superficielles et dans les eaux souterraines. Pour chaque point du réseau de suivi, le percentile 90 est calculé, il s’agit de la valeur du rang égal à l’arrondi du produit de 0,9 par le nombre de valeur auquel on ajoute 0,5 (loi de Hazen). C’est le percentile 90 qui est utilisé pour l’état des lieux réalisé au titre de la directive cadre sur l’eau.

Pour affiner la connaissance de l’évolution des nitrates, les moyennes ont également été calculées, et les données des années intermédiaires collectées.

Les données de la 5ème campagne nitrate.

b) Réseau de points de suivi nitrates  : Le réseau de points de mesure a été défini et validé en comité de bassin de février 2008.

c) Examen des données : Les données sont examinées au regard des critères suivants :

  • valeur des percentiles 90 au regard des seuils de 40 et 50mg/l fixés dans le code de l’environnement. Un seuil spécifique sera défini sur le critère eutrophisation,
  • évolution des teneurs depuis la campagne 2004/2005
  • cohérence avec l’état des lieux établi pour la directive cadre sur l’eau et les risques de non atteinte du bon état des eaux. accéder aux données de la 5ème campagne nitrates

2-Présentation des données mises à disposition sur le portail du Bassin Artois-Picardie :

Les données mises à disposition sont les suivantes :

  • données relatives au réseau de points de suivi nitrates des campagnes (octobre à septembre) entre 2004 et 2011, ainsi que les valeurs de percentile et de moyennes pour chaque point et chaque campagne
  • un tableau synthétisant pour chaque campagne quelques indicateurs régionaux (moyennes, valeurs minimales, maximales …)
  • des cartes pour les eaux souterraines et les eaux superficielles sur l’’état de la ressource et sur les évolutions entre années et entre les deux campagnes de surveillance nitrates (2004/2005 et 2010/2011).

3-Quelques éléments de calendrier prévisionnel :

  • Mars : diffusion des données
  • mi juin : réunions de concertation, conformément au code de l’environnement, avec les organisations professionnelles agricoles, les représentants des usagers de l’eau, les communes et leur groupements, les distributeurs d’eau (publics et privés), les associations agréées de protection de l’environnement, et les associations de consommateurs
  • 29 juin : présentation au comité de bassin de la méthode de révision des zones vulnérables, des données et des conclusions de la concertation
  • juillet/octobre consultation sur le projet de révision des zones vulnérables
  • 7 décembre : avis du comité de bassin sur le projet de révision des zones vulnérables
  • fin décembre : signature de l’arrêté de révision des zones vulnérables par le préfet coordonnateur de bassin