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La filière l’aquaculture et de la pêche professionnelle cumulent ensemble un chiffre d’affaire de plus de 125 millions d’euros par an. Ces activités sont fortement dépendantes de la qualité des eaux, tout problème peut donc avoir un fort impact économique.

De manière générale, l’aquaculture désigne toutes les activités de production animale ou végétale en milieu aquatique. Elle se pratique soit en eau de mer, rivière ou étang (aquaculture marine et continentale), soit en cage ou en bassin. Ce secteur d’activité comprend notamment la conchyliculture, l’ostréiculture, la mytiliculture et l’élevage des crustacés, ainsi que la pisciculture. L’ostréiculture est une activité pratiquement absente sur le bassin Artois-Picardie, à l’inverse de la mytiliculture qui y occupe une place prépondérante.

L’aquaculture est aussi pratiquée, sur la partie néerlandaise du District Hydrographique International de l’Escaut, abrite des moulières et pratique l’élevage des loups de mer et brèmes de mer. Les installations de pisciculture se concentrent quant à elles sur l’élevage de truite.

La mytiliculture

L’activité conchylicole du bassin se concentre surtout sur la culture de moules (mytiliculture) sur bouchots. Même si cette culture est assez récente, (début des années 80), le bassin regroupe en 2017, près de 25 d’entreprises réparties sur 142,5km dont la production atteint environ 4 770 tonnes par an, soit un chiffre d’affaires d’environ 10 millions d’euros. Elle est concentrée sur la baie de Somme et sur la côte d’Opale (sites d’Oye-Plage, Marck, Audinghen, Tardighen, Berck, Saint-Quentin en Tourmont et Quend).

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Secteurs et productions mytilicoles moyennes annuelles en Hauts-de-France

Fortement dépendante que la qualité des eaux littorales, cette activité peut voir, en fonction des années, seules 1 ou 2 zones classées en catégorie A, c’est-à-dire permettant une vente et une utilisation directe du coquillage. Le reste nécessite alors un reparcage, voire une purification avant commercialisation. L’activité peut donc à tout moment être fragilisée par un éventuel déclassement de l’eau.

La pisciculture en eau douce

Les Hauts-de-France constituent le 3ème bassin de production salmonicole en France avec plus de 7 000 tonnes, derrière l’Aquitaine et la Bretagne. La production s’axe principalement autour des truites arc-en-ciel. La production est réalisée par une quarantaine d’entreprise pour un chiffre d’affaire d’environ 15,3M€.

La pisciculture en mer

C’est sur le bassin Artois-Picardie qu’est établie la première ferme aquacole de France en production de bars et de daurades. Avec l’écloserie marine de Gravelines, ces deux sites utilisent les eaux de refroidissement de la centrale nucléaire de Gravelines.
Appartenant tout deux à la même entreprise, ces 2 site rassemblent plus de 70 salariés.
Cette entreprise a généré 14,5M€ de chiffre d’affaire en 2017.

La pêche professionnelle en mer

Sept ports de pêche sont répartis le long du littoral Artois-Picardie : Dunkerque, Grand-fort Philippe, Calais, Boulogne-sur-Mer, Etaples, le Hourdel, le Crotoy et Saint-Valéry-sur-Somme.
Dunkerque et Boulogne-sur-Mer sont les 2 quartiers maritimes d’immatriculation du bassin. Les navires du Nord sont généralement rattachés au quartier de Dunkerque et ceux du Pas-de-Calais et de la Picardie, à celui de Boulogne-sur-Mer.

En 2016, 149 navires (-27% en 6 ans), dont 140 réellement actifs , sont recensés dans les quartiers maritimes de Boulogne-sur-Mer et de Dunkerque pour un nombre de marins estimé à 607 (-20% en 6 ans).

Sur cette même année, la valeur totale des ventes déclarées dépassait 46,5M€ pour 19 770 tonnes.

À noter qu’en Hauts -de-France, les entreprises de mareyage embauchent environ 830 ETP pour un chiffre d’affaire d’environ 430 millions d’euros. Les entreprises exerçant une activité principale de transformation ont généré en 2015 un chiffre d’affaires d’environ 550 millions d’euros.

La pêche à pied professionnelle

Il s’agit d’une activité majeure sur le littoral du bassin (surtout dans le département de la Somme).

D’après le parc naturel marin des estuaires picards et de la mer d’Opale, 345 pêcheurs à pied de coques professionnel, les « hénoniers » sont présents sur le territoire du parc naturel marin, 51 pêcheurs à pieds professionnels de moules et 126 pêcheurs à pied de salicornes.

La production de coques estimée en 2015 à partir des déclarations des producteurs est de 281 tonnes. Néanmoins, cette production fluctue cependant fortement suivant les années, à cause des aléas climatiques et sanitaires et, plus particulièrement, de la bactérie vibrio qui contamine les gisements de coques. De plus, 400 à 500 tonnes de salicornes sont produites par an dans la baie de Somme (soit 80% de la consommation française). Enfin, la moule est uniquement récoltée dans le Pas-de-Calais (Boulonnais notamment) avec une production estimée à 447 tonnes en 2015 .

Le chiffre d’affaires cumulé de ces 3 principales espèces pêchées est estimé à près de 3,5 millions d’euros.

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