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Selon l’étude nationale "explore 2070", le bassin Artois-Picardie pourrait connaître une évolution du climat et de l’hydrologie d’ici 50 ans.


L’étude nationale explore 2070 apporte des indications sur les évolutions du climat et de l’hydrologie du Bassin Artois-Picardie d’ici une cinquantaine d’année :

  • La température de l’air augmenterait de 2°C
  • La température de l’eau réchaufferait de 1,6°C (moyenne nationale)
  • Le niveau de la mer s’élèverait de 45 cm par rapport à 2010
  • La pluviométrie diminuerait l’été et augmenterait l’hiver mais la moyenne annuelle serait en déficit de de -5 à -10%. Les épisodes extrêmes seraient néanmoins plus fréquents
  • Les débits des rivières diminueraient de -25 à -40%
  • Les nappes phréatiques se rechargeraient moins : de -6 à -46 % selon les nappes

Ces données sont des projections issues de différents modèles climatiques, elles comportent donc des incertitudes. Néanmoins certains phénomènes sont déjà visibles. Le niveau de la mer a déjà augmenté (1,3 à 2,3 mm par an entre 1941 et 2007). La hausse des températures moyennes est constatée, particulièrement à Lille. Des espèces d’affinité méridionales ou méditerranéenne ont déjà été identifiées sur le territoire du bassin (comme le grillon d’Italie ou l’andryale à feuilles entières, herbacée habituellement répertoriée au sud de Paris).

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Evolution des températures moyennes annuelles à Lille sur la période 1955-2009 (d’après Observatoire Climat Nord-Pas-de-Calais)
Source "le changement climatique dans le bassin Artois-Picardie : quel impact sur la ressource en eau ?"

Conséquences

Les conséquences de ce dérèglement sur le bassin risquent d’aboutir à l’augmentation de certains phénomènes :

  • La hausse du niveau de la mer accentue le risque de submersion marine lors d’épisodes de tempêtes.
  • L’augmentation de la pluviométrie l’hiver entraînera une augmentation du risque d’inondation
  • La recrudescence événements extrêmes pourrait conduire à une plus forte érosion et se traduire par une perte de sols avec arrivée massive de matières en suspension et polluants dans les cours d’eau et sur le littoral. Il s’en suivrait une dégradation de l’habitat et de la qualité des eaux
  • La diminution des débits des rivières empêchera les pollutions de se diluer et entraînera une dégradation de la qualité des rivières. L’augmentation de la température des rivières et de la mer risque de modifier la structure des communautés animales et végétales mais aussi de permettre l’installation de nouvelles espèces dont des micro-organismes toxiques aux dépens des espèces locales
  • La hausse des températures peut faire craindre une augmentation de la demande en eau (arrosage, irrigation) et la demande en eau ne pourrait plus être satisfaite les années sèches surtout que dans le même temps la pluviométrie estivale va diminuer.

Même si ces changements sont prévus à l’horizon 2050, ils se manifestent déjà. Il est important de réfléchir sans tarder à la façon dont nous pouvons les anticiper pour pouvoir nous adapter. C’est l’objet du document Regards croisés sur l’eau et le changement climatique qui fait le point sur les changements à venir et sur le plan d’adaptation au changement climatique du bassin Artois-Picardie qui propose des actions d’adaptation et d’atténuation concrètes.
Il est nécessaire de renforcer la capacité du bassin Artois-Picardie à résister et à s’adapter aux modifications climatiques. Dans ce but, le plan d’adaptation au changement climatique définit également les actions que l’Agence de l’eau pourrait intégrer dans son programme d’interventions.

Les dispositions permettant d’atténuer les risques pour l’eau liés au changement climatique sont également élaborées dans le Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux 2016-2021 (SDAGE) et son programme de mesures ainsi que dans le Plan de Gestion du Risque Inondation (PGRI).

Pour en savoir plus :

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