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Suite aux résultats des évaluations d’état biologique montrant un fort déclassement de l’ensemble des stations RCS par l’Indice Multimétrique (I2M2) par rapport l’IBGN équivalent (calculé selon les 12 relevés de la norme XP T90-333 de 2009 et les spécifications de la norme XP T 90-388 de 2010 pour la détermination et le traitement), l’Agence de l’eau Artois-Picardie a confié en 2014 à Aquascop une étude destinée à faire le point sur la capacité de l’I2M2 à traduire la qualité des milieux en Artois-Picardie, en particulier pour l’HER Tables Calcaires particulièrement impactée.

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Etude de l’Indice Invertébrés Multimétrique (I2M2) en Artois-Picardie

Pour cette étude, plus de 300 opérations ont été analysées sur la période 2007- 2012, tous réseaux et toutes typologies confondus. L’analyse des données ont montré que :

  • L’IBGN éq. est beaucoup trop optimiste en particulier dans les tables calcaires. Ce caractère optimiste est renforcé avec la transformation des indices en EQR du fait de conditions de référence non adaptées pour les tables calcaires,
  • L’I2M2 répond mieux que l’IBGN éq. aux pressions MA, MP, MOOX, pesticides, MES, et donne une image plus réaliste de la qualité des milieux même si celle-ci est sans doute un peu trop sévère,
  • La prise en compte de conditions de référence extra bassin via les EQR non seulement n’améliore pas la performance de l’indice mais la détériore,
  • Les pressions chimiques à l’origine des écarts importants entre IBGN éq. et l’I2M2 sont dans l’ordre les matières azotées, les matières phosphorées et les matières en suspension,
  • Les métriques « polyvoltinisme » et « ovoviviparité » sont très pénalisantes en Artois-Picardie en raison d’une part de la présence souvent en forte densité d’un cortège d’espèces présentant simultanément ces deux traits bio écologiques (du fait de leur adaptation aux milieux instables et dégradés comme par exemple les gammares) non compensée par la présence d’espèces polluosensibles, et du caractère redondant de ces deux métriques en particulier pour les peuplements invertébrés en Artois-Picardie,
  • Les sites de surveillance biologiques sont souvent situés dans les conditions hydromorphologiques et chimiques (pesticides) plus dégradées que les stations de surveillance physico-chimiques, ce qui milite pour une optimisation du réseau de surveillance,
  • Les données I2M2 sont mieux corrélées aux données SYRAH (pressions) qu’aux données SEQ physique (état hydromorphologique),
  • Les diagrammes radar doivent être utilisés avec prudence. Ils donnent des probabilités de pressions très sévères au regard des réalités du terrain (pressions vs impact),
  • Améliorer l’I2M2 passe par la recherche de conditions de référence locales en particulier pour les métriques polyvoltinisme et ovoviviparité,
  • La maîtrise de l’érosion à l’origine du colmatage est une condition essentielle pour espérer un I2M2 en bon état en Artois-Picardie,
  • Le mauvais état I2M2 peut être attribué à sa construction et aux conditions de référence non optimales mais aussi et peut être surtout à un contexte multi pressions.

Par ailleurs, l’examen détaillé des 7 stations de référence initialement proposées par le bassin montre qu’il est possible d’en conserver 5 (Noye, Selle, Evoissons, Créquoise, et Hante) même si des changements de sites semblent nécessaires (Noye, Créquoise). Une analyse fines des données hydromorphologiques et chimiques a permis d’identifier 5 sites de référence potentiels (1 dans les Ardennes, 2 dans les dépôts argilo-sableux, 2 dans les tables calcaires du boulonnais). Dans tous les cas, il s’agit de très petits cours d’eau dont le caractère représentatif pose question. Ces prospections restent toutefois intéressantes à mener ne serait-ce que pour vérifier la présence d’espèces polluosensibles et l’abondance des taxons « ovovivipares » et « polyvoltins » (par exemple les gammaridés) hors pressions anthropiques.

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