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Selon leur forme, leur étendue, leur localisation ou la perception de leur utilité, on les appelle marais, marécages, fondrières, fagnes, roselières, tourbières, lagune, prairies humides, marais agricoles, étangs, vasières, boisements humides, etc…ou on ne les appelle pas à défaut de les connaître.

Zone humide à Brunémont
Il a fallu attendre la loi sur l’eau de 1992 pour que la protection des zones humides entre dans des textes législatifs en France et soient déclarées participant à la gestion équilibrée et durable de la ressource en eau. La Directive Cadre sur l’Eau de 2000, transposée en droit français par la loi du 21/04/2004 reconnaît également l’intérêt des zones humides pour l’atteinte du bon état des eaux. Ce sont les lois sur le Développement des Territoires Ruraux de 2005 (loi DTR) et la Loi sur l’Eau et les Milieux Aquatiques de 2006 (LEMA) qui ont permis d’impulser une vraie politique de préservation des zones humides en instaurant de nouveaux outils réglementaires, des leviers financiers… Depuis les années 90 / 2000, la régression des zones humides se ralentit notamment sur les zones humides dites « remarquables » toutefois les zones humides « ordinaires » continuent à souffrir d’un manque de prise en compte globale de leur rôle dans la gestion du bassin versant.

Depuis 2005, la préservation et la gestion durable des zones humides sont d’intérêt général (L211-1-1 du CE). En effet, les zones humides remplissent des fonctions au sein des écosystèmes dont les principales sont les suivantes :

  • fonctions hydrologiques : les zones humides agissent comme des éponges naturelles, permettant de stocker l’eau et de la restituer. Elles ont ainsi un rôle à jouer dans la gestion des inondations ;
  • fonctions biogéochimiques : elles jouent un rôle de filtre naturel et participent à l’épuration des eaux qu’elles reçoivent, après une succession de réactions chimiques ;
  • fonctions habitats : ces milieux sont le siège d’une biodiversité riche, autant floristique que faunistique. De nombreuses espèces inféodées aux milieux humides y vivent, certaines espèces en ont besoin comme lieu de passage, de reproduction, de refuge ou de nourrissage. On peut noter que les zones humides abriteraient 35 % des espèces protégées menacées ou en danger d’extinction au niveau national. On peut citer le Liparis de Loesel, le Râle des Genêts, le Butor étoilé, la Pie-grièche grise ou les Odonates (libellules) qui font tous l’objet d’un plan national d’actions spécifique (retrouvez les Plans Nationaux d’actions sur le site du Ministère de la Transition Écologique et Solidaire).

Grâce à leurs fonctionnalités, les zones humides rendent de nombreux services à l’homme. Outre les services découlant des fonctions précédemment citées, les zones humides peuvent revêtir un enjeu économique et sociétal. Elles sont également des milieux productifs pour des activités agricoles (élevage, maraîchage…) de conchyliculture ou d’aquaculture. Participant à la signature paysagère d’un territoire, elles peuvent être valorisées pour un usage touristique ou de loisir (randonnée, pêche, chasse) ou encore être des supports pédagogiques pour la sensibilisation aux enjeux de protection de l’environnement.

Pour objectiver la valeur donnée à ces zones, une approche économique des fonctions, services et usages peut être tentée pour représenter la complexe réalité. Une étude réalisée sous maîtrise d’ouvrage Agence de l’Eau Artois-Picardie a été menée sur un échantillon de 4 sites humides et conclut sur l’existence d’une valeur économique non négligeable de ces sites optimisée par la coexistence d’usages compatibles sur une même zone.

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