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Comme toute activité humaine, les pratiques agricoles peuvent entraîner des pollutions de la ressource en eau : des solutions existent pour limiter ces risques de contamination des eaux souterraines et des cours d’eau.

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Surface agricole utile (SAU) - Données 2010

Entre 15 000 et 20 000 exploitations agricoles, dont plus de 10 000 élevages, utilisent environ 1 400 000 ha de Surface Agricole Utile, soit 70% de la superficie du bassin Artois-Picardie. Par rapport au reste du territoire national, l’agriculture de ce bassin se caractérise par davantage de terres arables et moins de prairies. L’agriculture biologique est peu représentée dans le bassin avec moins de 1% de la surface agricole.

L’agriculture du bassin peut être à l’origine de trois types de pressions sur les ressources en eau et les milieux aquatiques :

  • la pollution par les nitrates et le phosphore du fait des apports d’engrais ou d’effluents organiques non utilisés par les plantes ;
  • la pollution par les pesticides du fait d’une utilisation excessive de ces produits ou de leur dégradation incomplète ;
  • la pollution par la présence de matières en suspension dans les cours d’eau suite à des phénomènes d’érosion et de ruissellement.
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    Pression en azote par territoire de SAGE (données 2016-2017)


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    Pression en phosphore par territoire de SAGE (données 2016-2017)


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    Champ à proximité du Canal de Seclin

    Des solutions techniques existent pour limiter les risques, notamment :

  • augmenter la couverture des sols en hiver, la part des prairies dans les assolements et les surfaces enherbées le long des cours d’eau ;
  • sécuriser les sites de stockage (effluents d’élevage, pesticides) ainsi que les sites de remplissage et de lavage des pulvérisateurs (pesticides) ;
  • sécuriser les filières d’utilisation des effluents organiques en agriculture ;
  • équilibrer la fertilisation des cultures en utilisant des outils qui permettent de mieux connaître les besoins des plantes et les disponibilités du sol ;
  • faire évoluer les systèmes de production vers des systèmes agricoles moins consommateurs d’intrants et plus respectueux de la ressource en eau, comme l’agriculture biologique.

Des dispositifs réglementaires ou contractuels permettent de favoriser la mise en œuvre de ces solutions techniques. On peut notamment citer le Plan de Développement Rural Hexagonal et le Programme Eau et Agriculture 2010-2014.
Accéder au Programme Eau et Agriculture 2010-2014 sur le site de l’Agence de l’eau Artois Picardie
Accéder au bilan du Plan de Développement Rural Hexagonal (PDRH) sur le site du ministère de l’agriculture

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Livret sur l’eau du bassin Artois-Picardie - L’eau et l’agriculture

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Websérie "En immersion" - eau et agriculture

Le secteur agricole dans l’économie du bassin

La restructuration et la concentration du secteur agricole, observée à l’échelle nationale, est perceptible à l’échelle du bassin Artois-Picardie.

Lors du précédent état des lieux les données communales du Recensement Général Agricole (RGA) de 2010 avaient été utilisées. Depuis 2010, il n’y a pas eu de nouveau RGA.
Les données communales agricoles disponibles pour 2016 concernent uniquement le nombre d’exploitations et la SAU totale. Elles ne permettent donc pas de caractériser les usages agricoles sur le bassin au travers de différents indicateurs socio-économiques.
Ce sont alors les données départementales ou régionales annuelles fournies par l’Agreste qui ont été utilisées. À noter que le périmètre des données ne concerne que les départements du Nord, du Pas-de-Calais et de la Somme car les surfaces agricoles des départements de l’Oise et de l’Aisne intégrées au bassin hydrographique Artois-Picardie ne représentent que 9,20% de la SAU totale du bassin.

Les exploitations

Le nombre d’exploitations

Le nombre d’exploitations agricoles présentent sur les trois départements étudiés en 2016 s’élève à 20 464 . Leur nombre a diminué de 9% en 10 ans. L’essentiel de ces exploitations est situé sur le district Escaut.

Les emplois des exploitations

Le secteur agricole est une activité économique atypique car il associe des travailleurs non salariés et des travailleurs salariés. Ainsi la grande partie des chefs d’exploitation ne sont pas salariés mais se rémunèrent uniquement sur les bénéfices de l’entreprise et sont souvent épaulés par leur famille.
Le nombre d’unités de travailleurs agricoles (UTA) a fortement chuté entre 2000 et 2010 (-23%). La baisse est moins marquée entre 2010 et 2016 mais dépasse cependant 6%.
Le nombre de chefs d’exploitation et de coexploitants diminuent sur la période (2000-2016) mais leur part augmente sur l’ensemble des UTA (+ 6 points) affichant un pourcentage de l’ordre de 59% en 2016.

La part des salariés permanents augmentent de 4 points entre 2000 et 2016, s’élevant ainsi à 22% de l’ensemble des UTA.
L’augmentation des chefs d’exploitation et des salariés permet de compenser une partie de la baisse constante des conjoints et autres actifs non-salariés (-77 % entre 2000 et 2016). La situation financière des exploitations agricoles amène de nombreux conjoints à travailler en tant que salarié dans un autre établissement ou à devenir salarié de l’exploitation agricole (permettant ainsi de générer des droits à la retraite et au chômage).

Données économiques

La MSA centralise les revenus des entreprises imposées au réel, ce qui concerne entre 88 et 96% des entreprises totales des trois départements.
A noter qu’en 2016, sur l’ensemble de la Métropole, 19,2% des exploitations françaises ont affiché des revenus déficitaires et 20,1 % un revenu positif n’excédant pas 4 315 euros par an.
Un peu plus de 30 % des déficits concernent les grandes cultures, 18,4 % en polyculture associée à de l’élevage et 16,3 % dans l’élevage laitier.

Il existe une disparité des revenus entre les exploitants de la Somme et ceux du Nord ou du Pas-de-Calais. Ces deux derniers départements présentent un revenu légèrement supérieur à la moyenne nationale qui s’établit à 14 278€.

Revenus agricoles moyens en 2010 et 2016
Départements20102016
Nord 14 982 € 18 114 €
Pas-de-Calais 14 584 € 15 933 €
Somme 22 358 € 22 809 €

Les cultures des exploitations

Les grandes cultures du bassin

Les exploitations agricoles du bassin Artois-Picardie utilisent, en 2017, pour leurs cultures et leurs bétails près d’1,3 millions d’hectares qui se concentrent principalement sur le district Escaut. La surface agricole utilisée totale des exploitations a plus fortement chuté dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais entre 1990 et 2017 (respectivement -10% et -13%). La Somme se rapproche de la moyenne métropolitaine avec un taux de l’ordre de 4%. La SAU globale de ces trois départements représente un peu moins de 5% de la SAU métropolitaine.

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Répartition des terres arables entre 1990, 2000 et 2017

L’agriculture biologique

L’agriculture biologique se développe sur les départements du bassin Artois-Picardie. Le nombre d’exploitations converties ou en conversion biologique a été multiplié par 3 entre 2000 et 2016. Ce type d’agriculture se développe plus vite sur le département du Nord. Par ailleurs, les surfaces consacrées à l’agriculture biologique (hors conversion) ont fortement augmenté entre 2000 et 2016 sur les trois départements (Cf. Tableau 27). L’évolution entre 2010 et 2016 est très importante pour la Somme (+139%) et le Nord (+97%) et est plus marquée que pour la moyenne nationale française qui affiche une augmentation de 70% des surfaces.

Méthodologie de Révision des Zones Vulnérables 2012

La révision de la délimitation des zones vulnérables 2012 s’appuie sur la 5ème campagne de surveillance de la teneur en nitrates des eaux au titre de la directive nitrates.

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Zones vulnérables (Arrêté du 18 novembre 2016)

La circulaire du 19 avril 2010 précise que les données de la 5ème campagne doivent être complétée par la prise en compte des résultats en nitrates des années comprises entre les campagnes 2004-2005 et 2010-2011. Les données de la DREAL, de l’agence de l’eau et de l’OIEau présentent la méthodologie à suivre et les résultats par campagne, de septembre (année N) à octobre (année N+1). Les cartes présentées contiennent en fond de carte les données du SDAGE pour les masses d’eau en risque de non atteinte du bon état des eaux pour les critères azote et nitrates.

1-Méthode utilisée pour la révision des zones vulnérables :

a) Données utilisées  : Les données utilisées sont celles de la campagne octobre 2004 à septembre 2005 et de la dernière campagne octobre 2010 à septembre 2011. Les données suivies sont les concentration en nitrates dans les eaux superficielles et dans les eaux souterraines. Pour chaque point du réseau de suivi, le percentile 90 est calculé, il s’agit de la valeur du rang égal à l’arrondi du produit de 0,9 par le nombre de valeur auquel on ajoute 0,5 (loi de Hazen). C’est le percentile 90 qui est utilisé pour l’état des lieux réalisé au titre de la directive cadre sur l’eau.

Pour affiner la connaissance de l’évolution des nitrates, les moyennes ont également été calculées, et les données des années intermédiaires collectées.

Les données de la 5ème campagne nitrate.

b) Réseau de points de suivi nitrates  : Le réseau de points de mesure a été défini et validé en comité de bassin de février 2008.

c) Examen des données : Les données sont examinées au regard des critères suivants :

  • valeur des percentiles 90 au regard des seuils de 40 et 50mg/l fixés dans le code de l’environnement. Un seuil spécifique sera défini sur le critère eutrophisation,
  • évolution des teneurs depuis la campagne 2004/2005
  • cohérence avec l’état des lieux établi pour la directive cadre sur l’eau et les risques de non atteinte du bon état des eaux.
    accéder aux données de la 5ème campagne nitrates

2-Présentation des données mises à disposition sur le portail du Bassin Artois-Picardie :

Les données mises à disposition sont les suivantes :

  • données relatives au réseau de points de suivi nitrates des campagnes (octobre à septembre) entre 2004 et 2011, ainsi que les valeurs de percentile et de moyennes pour chaque point et chaque campagne
  • un tableau synthétisant pour chaque campagne quelques indicateurs régionaux (moyennes, valeurs minimales, maximales …)
  • des cartes pour les eaux souterraines et les eaux superficielles sur l’’état de la ressource et sur les évolutions entre années et entre les deux campagnes de surveillance nitrates (2004/2005 et 2010/2011).

3-Quelques éléments de calendrier prévisionnel :

  • Mars : diffusion des données
  • mi juin : réunions de concertation, conformément au code de l’environnement, avec les organisations professionnelles agricoles, les représentants des usagers de l’eau, les communes et leur groupements, les distributeurs d’eau (publics et privés), les associations agréées de protection de l’environnement, et les associations de consommateurs
  • 29 juin : présentation au comité de bassin de la méthode de révision des zones vulnérables, des données et des conclusions de la concertation
  • juillet/octobre consultation sur le projet de révision des zones vulnérables
  • 7 décembre : avis du comité de bassin sur le projet de révision des zones vulnérables
  • fin décembre : signature de l’arrêté de révision des zones vulnérables par le préfet coordonnateur de bassin

Documents