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Les eaux douces de surface ou eaux continentales au titre de la Directive Cadre Européenne sur l’Eau (DCE) sont constituées de cours d’eau et les plans d’eau. La DCE fixe pour objectif l’atteinte du « bon état » des milieux aquatiques et met en avant le principe de non dégradation de l’état des eaux.

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Rivière

L’état des eaux est évalué à l’aide d’un certain nombre de critères sur l’ensemble des compartiments du milieu. Les programmes de surveillance existants ont été adaptés et complétés pour répondre aux exigences de la DCE.

L’état des masses d’eau "cours d’eau" est évalué annuellement sur une période de 2 ans.

L’état des masses d’eau "plans d’eau" est évalué tous les 6 ans, avec une évaluation annuelle intermédiaire.

Les méthodes d’évaluation de l’état des eaux

Les analyses de paramètres physico-chimiques, biologiques et hydromorphologiques permettent de dresser un bilan de l’état des eaux de surface continentales. Tour d’horizon des différentes méthodes permettant de déterminer la qualité d’un cours d’eau ou d’un plan d’eau

Différents outils d’évaluation de la qualité des eaux se sont succédés depuis les années 70, et ce pour les différents éléments de qualité qui ont été suivis dans le cadre des réseaux de mesure :

  • la qualité physico-chimique évaluée selon la grille d’évaluation de 1971 puis selon le système d’évaluation de la qualité des eaux (SEQ-Eau) et enfin le Système d’Evaluation de l’Etat de l’Eau (SEEE)
  • la qualité biologique évaluée grâce à des indicateurs relatifs aux peuplements de végétaux (Indice Biologique Diatomées ou IBD), d’invertébrés (Indice Biologique Global Normalisé ou IBGN) et de poissons (Indice Poisson Rivière ou IPR)
  • la qualité hydromorphologique des cours d’eau évaluée selon le Système d’Evaluation de la Qualité Physique (SEQ-Physique).

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Les Evoissons à Guizencourt 2009 © AEAP

La Directive Cadre sur l’Eau (DCE) introduit désormais la notion d’évaluation de l’ « état » des eaux, à distinguer de l’évaluation de la « qualité » des eaux.

L’état est défini comme étant la situation la plus déclassante entre un état chimique se rapportant à des normes de concentration de certaines substances particulièrement dangereuses (toxiques), et un état écologique qui repose sur une évaluation des éléments de qualité physico-chimiques et biologiques.

L’objectif de « bon état écologique » est défini comme un écart « léger » à une situation de référence, correspondant à des milieux non ou très faiblement impactés par l’homme.

Les premiers éléments d’interprétation de la notion de bon état ont été définis par la Circulaire DCE 2005/12 du 28 juillet 2005. Les règles d’évaluation de l’état sont régulièrement actualisées et sont consultables sur le portail technique de l’Agence française de la biodiversité

Le système d’évaluation de l’état des eaux (SEEE) permet de diagnostiquer l’état des masses d’eau, en combinant tous ces éléments de qualité.

Surveillance des eaux douces de surface

La connaissance du fonctionnement des milieux aquatiques est indispensable pour une gestion efficace de l’eau et de ses usages. Les réseaux de suivi de l’état des milieux aquatiques, dont une partie date des années 70, ont été réorganisés dans le cadre de la mise en œuvre de la Directive Cadre sur l’Eau pour constituer le programme de surveillance.
Ce programme organise les activités de surveillance de la qualité (physico-chimique, biologique, …) et de la quantité de l’eau (débits) sur le bassin Artois-Picardie.

Les réseaux de mesure

L’observation de l’état des cours d’eau et plans d’eau est réalisée aux moyens de réseaux qui regroupent des dispositifs de même nature :

  • stations de mesures de la hauteur d’eau
  • points de prélèvements d’eau pour des analyses chimiques ou physico-chimiques
  • comptages d’espèces aquatiques
  • suivi de la morphologie
  • etc…

Jusqu’en 2006, les réseaux de connaissance générale de la qualité étaient constitués des Réseaux National de Bassin (RNB) et Complémentaires de Bassin (RCB).

Le programme de surveillance

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Carte : Réseaux de mesures 2010 Eaux de surface

Ces réseaux ont évolué en 2007 afin de répondre aux exigences de la Directive Cadre Européenne sur l’Eau. Celle-ci demande aux Etats membres de conduire un programme de surveillance de l’état des eaux (article 8). Ce programme doit permettre de dresser un tableau cohérent et complet de l’état des eaux au sein de chaque district hydrographique.

Il comprend en particulier les 2 principaux volets suivants :

  • le contrôle de surveillance (RCS), destiné à donner l’image de l’état général des eaux, notamment à l’échelle européenne,
  • les contrôles opérationnels (RCO), destinés à assurer le suivi de toutes les masses d’eau identifiées comme risquant de ne pas atteindre les objectifs environnementaux de la DCE en 2015.

Ce réseau permet également de suivre les améliorations suite aux actions mises en place dans le cadre des programmes de mesures, et de préciser les raisons de la dégradation des eaux.

En complément des réseaux "DCE", deux autres réseaux sont mis en œuvre afin de répondre à des besoins plus "locaux" :

  • le Réseau Historique Artois-Picardie (RHAP), regroupant les stations des anciens réseaux RNB et RCB n’ayant pas été reprises dans le cadre des réseaux DCE,
  • le Réseau Homogène de Mesures de l’Escaut (RHME), permettant d’apprécier la qualité du fleuve, de sa source en France à son estuaire aux Pays-Bas.

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Mesure de la qualité de l’eau, prélèvement en bateau

Les éléments de qualité suivis

Plusieurs éléments de qualité sont suivis dans le cadre de ces réseaux :

  • les paramètres physico-chimiques (matière organique, azote, phosphore, …)
  • les paramètres chimiques, également appelés « micropolluants » (métaux, pesticides, polluants organiques,…)
  • des indices biologiques (peuplement en végétaux, invertébrés et poissons)
  • l’hydromorphologie des cours d’eau (berge, ripisylve, lit mineur, lit majeur, …)

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Prélèvement d’invertébrés

La maîtrise d’ouvrage des réseaux de surveillance DCE est, d’une manière générale, assurée par l’Agence de l’Eau Artois-Picardie pour la physico-chimie et la chimie, la DREAL Hauts-de-France pour les invertébrés et les diatomées et l’AFB pour les poissons. L’Agence de l’Eau Artois-Picardie assure la maîtrise d’ouvrage pour la biologie et la physico-chimie des réseaux hors DCE.

Le suivi des débits des cours d’eau

Pour assurer les missions de connaissance et suivi général des cours d’eau, de mise à disposition des données dans le cadre du système d’information sur l’eau, et de permettre un suivi efficace des étiages et des crues, la DREAL exploite un réseau de stations hydrométriques réparties sur le territoire.

Ces stations sont constituées de capteurs hydrométriques. Les données sont télétransmises en continu. Ces données sont ensuite stockées dans la banque hydro, banque de donnée nationale sur les débits.

Le réseau Artois-Picardie de mesure de débit comprend environ 80 stations permanentes et environ 45 points de mesure ponctuels, gérés par les DREAL Nord-Pas de Calais et Picardie, selon leur zone géographique.

Ces données quantitatives, croisées avec les données qualitatives de suivi des cours d’eau, permettent d’apprécier les évolutions des flux de polluants caractérisant l’état qualitatif des eaux au regard de la Directive Cadre.

Accès à des informations plus complètes sur la surveillance des cours d’eau et plans d’eau

Consultez aussi le bulletin de situation hydrologique (BSH).

Etat des stations et masses d’eau "cours d’eau" du bassin Artois-Picardie

Les eaux du bassin Artois-Picardie sont surveillées depuis les années 70. En 2000, la directive cadre européenne sur l’eau (DCE) fixe un objectif de bon état des eaux d’ici 2015. La loi sur l’eau et les milieux aquatiques précise ces modalités en 2006.

Le bassin Artois-Picardie est découpé en 66 « masses d’eau » superficielles, correspondant aux bassins versants homogènes des cours d’eau. Pour chaque masse d’eau « cours d’eau », la possibilité d’atteindre le bon état a été évaluée en terme d’objectifs : objectif bon état pour 2015, 2021 ou 2027.

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Masses d’eau cours d’eau

Sur ces masses d’eau « cours d’eau », 203 stations sont suivies dans le cadre des réseaux de surveillance, de contrôle opérationnel et historique. Ce suivi permet d’évaluer l’état chimique et l’état écologique de chaque masse d’eau du bassin.

accéder au programme de surveillance 2016-2021

Etat écologique

L’état écologique est l’évaluation de la qualité de l’eau selon des indicateurs biologiques, physicochimiques (température, oxygène salinité, matières en suspension…) et hydromorphologiques (régime hydrologique, continuité écologique, morphologie). L’état écologique est calculé sur une période de deux ans.
L’état écologique comporte cinq classes :
Très bon - Bon - Moyen - Médiocre Mauvais

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État écologique des masses d’eau de surface (données 2015-2017)

Etat chimique

L’état chimique est l’évaluation de la qualité d’une eau au regard des concentrations de 41 substances dites « prioritaires » ou « prioritaires dangereuses », telles que des produits phytosanitaires, des micropolluants organiques, des métaux lourds… L’état chimique est calculé tous les six ans.
L’état chimique comporte deux classes : Bon ou Mauvais.

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État chimique des masses d’eau de surface hors substances ubiquistes (données 2017)

Accéder aux données sur l’état

Les résultats sont disponibles station par station dans la rubrique téléchargement des données.

Retrouvez les cartes dans la cartothèque du portail de bassin.

Vous pouvez également consulter l’annuaire de l’état des cours d’eau 2010-2011.

Les agences de l’eau proposent également une application "Qualité des rivières" pour smartphones et tablettes pour consulter sur le terrain l’état des cours d’eau.

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Appli qualité des rivières

Etat des masses d’eau "plans d’eau" DCE du bassin Artois-Picardie

La Directive Cadre Européenne sur l’Eau 2000/60/CE du 23 octobre 2000 (DCE) impose une évaluation de l’état des plans d’eau de plus de 50 hectares et la fixation d’objectifs environnementaux.
Dans le bassin Artois-Picardie, 5 plans d’eau ont été sélectionnés et font l’objet depuis 2007 d’analyses biologiques, physico-chimiques et chimiques.

Les 5 plans d’eau identifiés pour la DCE sont :

  • les Étangs et Marais d’Ardres, Brèmes-les-Ardres et Guînes,
  • le Marais Audomarois,
  • la Mare à Goriaux,
  • l’Etang du Vignoble,
  • le Lac du Val Joly.

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Plans d’eau

Pour tenir compte de l’artificialisation et des modifications physiques de ces 5 plans d’eau, les objectifs à atteindre ont été adaptés : sont visés d’une part, le bon potentiel écologique, évalué au moyen de paramètres biologiques et physico-chimiques, et d’autre part, le bon état chimique, évalué au travers de 41 substances (métaux, pesticides, détergents, autres composés organiques).

Au final, l’état global de chacun de ces plans d’eau est défini par le plus mauvais des résultats entre le potentiel écologique et l’état chimique.

Les objectifs

Masse d’eauObjectif état écologiqueObjectif état chimiqueObjectif global
Vignoble, Goriaux, Romelaere Bon potentiel 2015 Bon état 2027 Bon état 2027
Val Joly, Ardres Bon potentiel 2027 Bon état 2015

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Evaluation de l’état des plans d’eau DCE du bassin Artois-Picardie 2007-2012

La surveillance des plans d’eau DCE

L’Agence de l’Eau Artois-Picardie assure la surveillance de l’ensemble des plans d’eau avec l’aide des gestionnaires des sites et de l’ONEMA pour le suivi poissons.

Pour avoir plus d’information sur les plans d’eau DCE et leur évaluation :

Vous pouvez consulter :

Documents

  • État physico-chimique des masses d’eau cours d’eau (données 2015-2017) © AEAP (PDF – 1.4 Mo)

    Cette carte issue de "l’état des lieux 2019" présente l’état physico-chimique des masses d’eau cours d’eau (données 2015-2017). Les paramètres pris en compte dans l’évaluation de l’état physico-chimique sont : la température, le pH, la DBO5, l’O2 dissous, la saturation en O2, le carbone organique dissous (COD), l’ammonium (NH4+), les nitrites (NO2-) les nitrates (NO3-), les phosphates (PO43-) et le phosphore total (P total).

Documents

  • Masses d’eau cours d’eau © AEAP (PDF – 926.4 ko)

    Cette carte issue de "l’état des lieux 2019" présente les masses d’eau de surface de type cours d’eau. Les cours d’eau du bassin Artois-Picardie ont été découpés en 66 masses d’eau.

  • Plans d’eau © AEAP (PDF – 1.8 Mo)

    Cette carte issue de "l’état des lieux 2019" présente les masses d’eau plans d’eau. Les suivis dans ces plans d’eau visent à satisfaire les exigences du programme
    de surveillance de la Directive Cadre Eau (DCE).